Publié 8 septembre 2026
3 pages sur 4 citées par une IA ont été mises à jour dans l'année
Seer Interactive a remonté 47 097 citations de ChatGPT, Gemini et Perplexity jusqu'à 7 683 pages et vérifié leurs dates. 75 % avaient été mises à jour depuis moins d'un an, 88 % depuis moins de deux ans, mais seulement 42 % avaient été publiées dans l'année. Ce que « mis à jour » veut dire pour un robot, pourquoi une vieille page tenue à jour bat une page neuve, et ce que cela implique pour un catalogue produits. Avec les limites de l'étude.

Quand un assistant IA cite une page, quel âge a cette page ? Seer Interactive a posé la question de la manière la plus directe. Entre mars et juin 2026, l'équipe a collecté les pages que ChatGPT, Gemini et Perplexity citaient en réponse à des questions sans marque dans quatre secteurs, gardé celles citées au moins trois fois, puis relevé leur date de publication et leur date de dernière modification. Résultat : 7 683 pages portant 47 097 citations. (Seer Interactive, Content Recency's Impact on AI Visibility in 2026)
Trois quarts de ces pages avaient été mises à jour depuis moins d'un an. Moins de la moitié avaient été publiées dans ce laps de temps.
Les chiffres
| Part des pages citées | |
|---|---|
| Mises à jour depuis moins d'un an | 75 % |
| Mises à jour depuis moins de deux ans | 88 % |
| Publiées depuis moins d'un an | 42 % |
Par assistant, la part des pages citées mises à jour dans l'année est de 78 % pour Gemini, 73 % pour ChatGPT et 65 % pour Perplexity. Les pages citées de façon constante sur les quatre mois de l'étude étaient en moyenne un peu plus anciennes (68 % mises à jour dans l'année, âge médian d'environ six mois) que celles qui ont surgi sur un seul mois (86 %). La citation régulière va aux pages entretenues ; les pics vont aux pages neuves.
L'écart entre 75 % et 42 %, c'est ça le résultat. L'IA ne cite pas des pages neuves. Elle cite des pages touchées récemment, et la plupart sont de vieilles pages que quelqu'un a tenues à jour.
Ce que « mis à jour » veut dire pour un robot
Un robot ne sait pas que vous avez réécrit un paragraphe. Il connaît trois choses, à peu près dans cet ordre de confiance.
Le contenu a changé. Quand une page est récupérée à nouveau et que son texte diffère de la copie précédente, la page est considérée comme vivante. Modifier un prix, ajouter un avis, corriger une caractéristique, réécrire une section : tout cela compte. Changer l'année du copyright en pied de page, non, et les moteurs de recherche ont appris depuis longtemps à l'ignorer.
La page indique quand elle a changé. Le champ dateModified des données structurées et l'en-tête Last-Modified envoyé par le serveur sont ce qu'un robot lit comme date officielle. Beaucoup de plateformes e-commerce les renseignent correctement ; beaucoup y mettent l'heure du dernier rendu de la page, ce qui fait paraître toutes les pages mises à jour chaque jour, donc aucune.
Le site pointe vers elle comme si elle comptait. Une page enfouie à trois clics, absente du menu, sans lien depuis quoi que ce soit d'actuel, se lit comme archivée même si son texte est frais. Une page liée depuis la page d'accueil et depuis d'autres pages récemment modifiées se lit comme faisant partie du site vivant.
Chacun de ces signaux pris isolément est faible. Les trois réunis, voilà à quoi ressemble « mis à jour dans l'année » vu de l'extérieur.
Ce que l'étude ne dit pas
Il faut être précis ici, parce que le chiffre invite à une conclusion paresseuse. L'étude compte des pages citées et rapporte leur ancienneté. Elle ne montre pas que mettre à jour une page la fait citer. Les pages entretenues sont aussi, en général, celles auxquelles une entreprise tient, vers lesquelles elle fait des liens et qu'elle a bien écrites ; la fraîcheur voyage avec ces facteurs.
L'échantillon est également étroit : quatre marques, dans la fourniture d'énergie, la location de vacances et la banque d'entreprise. C'est un comptage sérieux, 47 097 citations c'est beaucoup, mais c'est un comptage de ce que trois assistants ont cité pour quatre entreprises sur quatre mois, pas une loi du web. Traitez 75 % comme un a priori solide, pas comme un objectif.
Ces limites posées, la direction reste cohérente avec tout ce qui a été mesuré cette année : les assistants privilégient les pages qui ont l'air vivantes.
Ce que cela implique pour un catalogue produits
La plupart des boutiques ont exactement la structure de pages que décrit cette étude. Un catalogue de fiches produits, publiées une fois pour la plupart, parfois il y a des années, et touchées seulement quand le prix change. Celles qui seront citées, si l'étude tient, seront celles qui montrent des signes de vie.
Trois conséquences.
- Supprimez ou redirigez ce qui est mort. Le modèle de l'an dernier encore en ligne au prix de l'an dernier, avec sa propre page et sa propre date, ce n'est pas seulement de l'encombrement. C'est la page qu'un modèle risque de lire à la place de l'actuelle. Nous avons vu un assistant citer la page de déstockage 2025 d'une boutique comme le prix courant, alors que le modèle 2026 se trouvait à un clic. Redirigez-la, marquez-la comme remplacée, ou retirez-la.
- Faites de vraies mises à jour et rendez-les visibles. Quand le prix, le stock, les caractéristiques ou l'année du modèle changent, changez la page, et assurez-vous que le
dateModifieddes données structurées suit. Si votre plateforme estampille chaque page à la date du jour à chaque rendu, c'est un réglage à corriger, car il rend le signal sans valeur. - Gardez les pages qui comptent liées depuis les pages qui changent. La page d'accueil, la page catégorie, une rubrique « nouveautés » : tout ce qui change souvent doit pointer vers les produits que vous voulez faire lire, pour que le robot les croise en traversant la partie vivante du site.
La vraie question, celle qui tranche : à quand remonte la dernière mise à jour de votre fiche produit la plus vendue ? Pas son dernier rendu. Un changement qu'un acheteur remarquerait, et un robot aussi.